IRIDOLOGIE

L'IRIDOLOGIE

Il s'agit principalement d'une méthode diagnostique qui donne des renseignements sur la constitution d'une personne, ses forces et ses faiblesses (prédisposition aux maladies). C'est la notion de terrain, sur lequel peut se développer plus ou moins facilement certaines pathologies.

La médecine traditionnelle chinoise associait déjà certaines parties des yeux à d'autres structures du corps. L'approche scientifique occidentale a plutôt tendance à découper le corps (dans tous les sens du terme) : analyser des parties de plus en plus détaillées, ce qui permet une compréhension plus détaillée du fonctionnement humain. Ces connaissances de plus en plus étendues sont difficiles à gérer par une seule personne. Cela mène à une hyperspécialisation, au détriment d'une vision globale de l'être. On voit ainsi des praticiens qui ne traitent plus qu'un organe : un cardiologue s'intéresse principalement au cœur, le pneumologue aux poumons et l'hépatologue au foie, par exemple.

Dans les médecines traditionnelles orientales, une synthèse se forme après l'analyse des composants. Une réunification des connaissances obtenues par la recherche dans les détails. Des liens symboliques se révèlent entre différentes structures et niveaux de fonctionnement. Par exemple, le matin d'une journée correspond au printemps d'une année. A cette saison, on constate une poussée de croissance des végétaux, les animaux sont plus actifs musculairement et plus agressifs pour se reproduire. Il existe donc une résonance entre le printemps, le matin, le début de la vie, les muscles, la colère qui perturbe le foie. On parle du mouvement Bois pour décrire cet ensemble de correspondances. De même, on observe une similitude entre la nuit, l'hiver, la fin de la vie, le squelette, la peur qui blanchit les cheveux et favorise les infections urinaires : c'est le mouvement Eau. Au niveau des yeux, on décrit les résonances suivantes :

La pupille dont la couleur noire est liée au mouvement Eau, auquel sont associés les méridiens Zu Shao Yin (Rein) et Zu Tai Yang (Vessie). Le méridien Vessie gère le système nerveux autonome (SNA) (ortho)sympathique et parasympathique. Or, le diamètre de la pupille est constamment régulé par le SNA : le parasympathique rétrécit la pupille et le sympathique dilate la pupille.

L'iris, souvent vert ou bleu correspond à la couleur du mouvement du Bois. Les muscles sont les tissus attribués au mouvement Bois. Il se trouve qu'une grande partie de l'iris est composé de muscles pour rétrécir ou dilater la pupille. Par ailleurs, la vue est le sens associé au Bois. C'est le seul sens qui dépend d'un muscle pour fonctionner : le muscle ciliaire, qui permet l'accommodation par son action sur la forme du cristallin. Le foie est associé au Bois. En cas de surcharge de cet émonctoire, des toxines se déposent et deviennent visible sur l'iris. D'ailleurs, des médecins allopathes remarquent que des médicaments chimiques transformés et éliminés par le foie affaiblissent la vision (par exemple : certains antidépresseurs).

La sclère, de couleur blanche est lié au mouvement Métal, aux méridiens Poumon et Gros Intestin.

La conjonctive rouge, très vascularisée, correspond au mouvement Feu et au méridien Cœur, représentant la circulation. On peut ainsi repérer une anémie en abaissant la paupière inférieure et en observant si la conjonctive est pâle.

Enfin, les paupières sont de couleur chair, tissu associé au mouvement Terre et à la fonction d'assimilation digestive (méridiens Rate-Pancréas et Estomac). L'état des paupières est donc révélateur de l'état nutritionnel.

Par un examen simple et indolore, l'iridologie renseigne sur la constitution et l'état de santé par l'examen, entre autres de :

LA COULEUR DE L'IRIS

La couleur de l'iris est donnée par les parents, déterminée par la génétique. Elle représente la constitution métabolique héréditaire.

On décrit trois constitutions majeures, subdivisées en sous-constitutions :

1) Les yeux bleus, dits « fibrillaires lymphatiques » car les fibres conjonctives y sont visibles. Ce sont les yeux clairs des gens du nord, à la peau sensible au soleil. « Lymphatique » en raison de l'hyperactivité du système lymphatique (tendance allergique). Le système nerveux autonome est fréquemment hypersensible chez ces personnes. Tendance aux rhumatismes. Cette constitution se rapproche de la typologie « Neuro-arthritique ».

2) Les yeux marrons, dits « hématogènes » en raison de la tendance à l'encrassement du sang par excès de  graisses ou de sucres alimentaires : hypercholestérolémie, hypertriglycéridémie et hyperglycémie. Nommés également « pigmentaires », car la surface de l'iris est colorée par la mélanine. Les yeux bruns sont plus fréquents chez les gens du sud, la mélanine étant le pigment du bronzage. La constitution hématogène est proche de la typologie « Sanguino-pléthorique ».

3) Les yeux « mixtes », mélange des deux premières constitutions, indiquant une faiblesse digestive (enzymes du foie, du pancréas et des intestins) : digestion lente, ballonnements, colon irritable.

LA TRAME IRIENNE

Il s'agit de la densité des fibres conjonctives à la surface de l'iris. Plus la trame est resserrée (semblable à une chevelure lisse et épaisse), meilleure est l'hérédité et la résistance vitale.

LES PLIS

  • les plis sont similaires à des rides sur la peau : à force de se dilater par stimulation du système nerveux sympathique, l'iris conserve des marques creuses, soit circulaires : les « anneaux de crampe », qui révèlent une importante sensibilité au stress cachée par une apparence sereine. Ce que l'on dénomme communément les « faux calmes ». Garder des tensions en soi favorise un terrain spasmodique : tendance aux crampes, côlon irritable, hyperventilation avec tétanie, car les spasmes musculaires permettent d'éliminer des tensions intérieures.

Description : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/35/Iris1.jpg/200px-Iris1.jpg

Image : un iris de type « fibrillaire lymphatique » (yeux bleus) présentant des anneaux de crampe (cercles concentriques).

LES DEPOTS

Grace à la transparence de la cornée, la surface de l'iris est le seul tissu conjonctif directement visible. Les autres tissus conjonctifs sont recouverts par l'épiderme ou l'épithélium des muqueuses.

On peut donc y observer des dépôts de diverses substances : les pigments. Cela peut être des toxines endogènes (résidus du métabolisme produit en excès) ou exogènes (médicaments, drogues).

LA PUPILLE

Le système nerveux autonome gère le diamètre de la pupille. On peut donc observer l'état nerveux avec la taille, la forme, la vitesse de réaction et la stabilité de la pupille. Par exemple, une pupille trop dilatée peut indiquer une surcharge de stress (hypersympaticotonie).

LA COLERETTE

Il s'agit d'un relief (angle de Fuchs) en forme d'étoile autour de la pupille. Si son contour est très découpé, cela indique une hypersympathicotonie. Son effacement indique une perte du tonus sympathique. Une collerette très éloignée du bord pupillaire (grand diamètre) indique un relâchement, des ptoses gastro-intestinales.

LA SOMATOTOPIE IRIENNE

Ce terme décrit la localisation des organes sur la surface de l'iris. C'est l'aspect le plus controversé de l'iridologie. On peut concevoir qu'une trame irienne relâchée soit le reflet d'une faiblesse du tissu conjonctif. De même, on peut comprendre que des substances qui se déposent en quantité suffisante dans l'organisme soient observables sur l'iris. Par contre, la répartition des organes sur l'iris reste sujette à caution. Les cartes diffèrent sensiblement selon les écoles. De plus, certaines maladies confirmées par des examens radiologiques ne présentaient aucune anomalie sur les zones correspondantes dans les cartes d'iridologie.

Rappelons que les cartes d'auriculopuncture (acupuncture de l'oreille) ont d'abord été rejetées par une majorité de la communauté scientifique. Récemment, la somatotopie auriculaire a été validée par plusieurs études scientifiques, notamment à l'aide de l'imagerie par résonance magnétique (IRM) fonctionnelle: en piquant le pouce directement, ou la zone correspondant au pouce sur le pavillon de l'oreille, on « allume » la même région du cortex cérébral sensitif (travaux du professeur David Alimi).

En conclusion, la naturopathie propose une meilleure compréhension de la maladie et de ses causes, ainsi qu'un traitement le plus causal et le plus naturel possible. La médecine allopathique est performante pour la description et l'imagerie des maladies et de leurs causes apparentes, mais il manque la connaissance de leur cause profonde, et donc le traitement reste superficiel. Des progrès sont encore à réaliser dans les méthodes diagnostiques telles que l'iridologie, ainsi que dans les techniques de soins. Cela permettra d'améliorer l'efficacité et la crédibilité des ces approches.

Pascal Pointaire, médecin naturopathe Heilpraktiker, enseignant l'anatomie énergétique et symbolique au centre de santé naturelle CESANE à Nyon, tél 022 367 24 08. Site : www.centrecesane.ch